Parce que le froid est là... Parce qu'il ne faut
pas oublier que ça peut arriver à n'importe
qui......
Il eut fallu que peu de courage pour m’exclure de
votre monde
J’étais là, je ne gênais
personne, je travaillais, ne faisait de bruit
Pourtant il y eu au courrier, ce morceau de papier
immonde
Qui portait les traces d’une future
déchéance qui à l’horizon
luit
L’enchaînement systématique des
évènements qui font loi
Tu es parti, emportant avec toi, la force que j’avais
mis en notre amour
Notre enfant grandit, loin de moi, tu l’avais
emporté avec toi
Seul je restais, mes idées mortes, avec mes bras
trop courts
Même mes murs je les ai perdus, tandis que le
trottoir m’appelait
Etre parmi tout ces gens qui courent sans se retourner,
j’allais y être
Eux vont vite, et moi comme les miens
d’aujourd’hui sommes laids
Statiques comme peuvent l’être le froid qui
s’abat sur nos lettres
Nos mots écrits ça et là, sur tes
petits bouts de cartons, sur l’asphalte
Réclamant le petit geste qui apportera le
réconfort qu’il nous faut
La charité, s’il vous plait que nous puissions
faire un semblant de halte
Sur le chemin de la faim, du froid, sur celui qui fait que
s’envolent nos défauts
Défauts, quels défauts ? de quoi
sommes-nous coupables ? devons nous tout
supporter ?
La déchéance, l’isolement, le regard de
nos contemporains et notre vie
J’aimerais tant revenir à hier, pour pouvoir
juste avant la chute, bifurquer
Qu’il est difficile de se souvenir de ce que je fus
et voir ce que je suis aujourd’hui
Il en faut du courage pour affronter vos regards, qui ne
sont pas haineux
Vous en faut il du courage pour affronter le notre qui ne
se baisse jamais ?
J’ai mal, si mal de n’avoir pas désirer
tout cela, tout ce qui est hideux
Mangerais je ce soir où devrais je encore sauter un
repas comme une plaie
Je suis un navire en perdition, sans contrôle sur mon
allure
J’avance tant bien que mal vers la fin
inéluctable de ma souffrance
Je ne résisterais plus à cette pression qui
m’écrase, si dure
Alors mourir pour mourir, je préfère
m’en aller dans la cadence
Chercher jusqu’à ce jour où j’en
aurais fini, de vous voir vous apitoyer
Chercher la force pour mendier ma nourriture, mon espace de
vie
Je n’ai plus envi et pourtant je dois le faire pour
encore continuer
Trop de questions en moi pour m’illusionner de
l’avenir, du dépit
Où es tu mon enfant, ma vie, ma chair, toi que je
n’ai vu grandir
La rue est devenue mon domaine, ma loi, mon
havre
Tu me manques tant, j’aurais voulu à la face
du monde te brandir
Comme un trophée, comme une victoire sur mon
épave
Encore un peu de patience et je débarrasserais le
plancher
Je ne serais plus qu’une icône de passage sur
le trottoir
Un fantôme léger que la souffrance aura
détruit et terrassé
Juste désireux de ne laisser aucune trace de mon
désespoir
@Jean
Frédéric…………………………………………………